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IL Y A 20 ANS



 

 

Le R.I.O. annule une publicité sexiste. Le Devoir, Juin 1976. Par Marie Laurier.

 

Le placard publicitaire commandité par la Régie des Installations Olympiques (R.I.O.), organisme paragouvernemental, réclamait des candidates âgées d'au moins 18 ans et mesurant plus de "5'8" (cinq pieds huit pouces) pour servir d'escortes et "être de la fête" au fameux combat de boxe du 20 juin entre Sugar Ray Leonard et Roberto Duran, au stade olympique.

 

Les jeunes femmes devaient se présenter au Regence Hyatt, à la discothèque Chez Régine, le jeudi 5 juin, pour se soumettre à des entrevues. Un jury devait choisir quatre d'entre elles pour vivre, selon l'expression de M. Steve Zalac, directeur des projets spéciaux de la RIO, "une semaine de rêve" dans l'entourage des pugilistes. Leur rôle consistait, selon l'annonce, à présenter les rounds et à participer aux séances de promotion entourant le combat de boxe. Le texte précisait aussi que les heureuses élues seraient habillées par le couturier Jean-Claude Poitras et la maison Bof. (...)


 


 

Eliminer le sexisme de la publicité. Le Devoir, 21 mai 1979. Par Renée Rowan.

 

Le Conseil du Statut de la Femme (C.S.F.) lance une vaste offensive dans le but d'éliminer, dans la publicité, le sexisme sous toutes ses formes. (...)

 

Il a pour mandat de sensibiliser l'opinion publique sur la publicité sexiste et d'aviser les organismes de publicité sur les annonces considérées comme sexistes et discriminatoires. Il est habilité à recevoir des plaintes et à adresser aux organismes compétents des recommandations pour changer la situation. (...)

 

- 77 % des rôles de produits de nettoyage domestique, de lessive, produits d'hygiène et cosmétiques et produits alimentaires, sont occupés par des femmes ;

 

- 73 % des rôles de premier plan dans l'univers "B", celui des automobiles, des boissons alcoolisées, des banques, des assurances, des compagnies de finance, des biens et services immobiliers et celui des services publics énergie, transport, communication, ressources naturelles, services gouvernementaux, sont joués par des hommes ;

 

- 14 % des femmes présentées dans la publicité exercent un métier ;

 

- 70 % de ces métiers détenus par des femmes se retrouvent dans les catégories secrétaire, vendeuse, manucure, mannequin, employée de banque ou serveuse ;

 

- Les voix hors champ, c'est-à-dire celles qui donnent des informations, des conseils ou des exhortations et, de par ce fait, sont empreintes d'une forme "d'autorité" sont à 92 % des voix d'hommes. (...)

 

Les femmes ne sont pas que réceptrices d'un message publicitaire : elles sont utilisées comme partie intégrante de ce message.

 


 

 

La femme dans la publicité : une servante ou une princesse ? Janvier 1979. Par Catherine Lord.

 

Pour la publicité, les femmes sont des bonniches ou au mieux, des superménagères qui ne cessent jamais de frotter ou de popoter. Elle sous-entend que la femme est un être obsédé par la propreté, confinée à la maison, dépendant de l'autorité et de l'expertise d'un homme. Ce constat est assez triste. (...) Référence du résultat de Le bulletin du C.S.F. vol.6 n°1.

 

"C'est l'image unidimensionnelle qu'on donne de la femme". Cette image estfausse et déformante. En effet, dans leur message les publicitaires font peu de cas du 35 % des femmes qui travaillent en-dehors de la maison. Ils balaient du revers de la main toutes les autres contributions de la femme à la société, dans le monde éducatif, syndical, politique, artistique ou sous forme d'activités bénévoles, artisanales, sportives et autres ...

 

La femme se caractérise dans la publicité par la beauté, la jeunesse et l'élégance. Elle n'est pas douée intellectuellement. Elle sert principalement de décor jusqu'à l'âge d'environ 35 ans. (...)

 

"Il ne suffit pas de faire la démonstration qu'il existe de la discrimination dans la publicité, il faut rassembler nos énergies et faire pression. Les publicitaires vont changer s'ils sentent une pression des consommatrices."



 

La chasse au sexisme dans la publicité. Le Devoir. 29 janvier 1979. Par Renée Rowan.

 

Soulignons, d'autre part, que le comité "Publicité et Sexisme", composé d'un groupe de femmes appartenant au Y.M.C.A. de Montréal et qui, depuis un an, se livrent à une recherche sur la discrimination à l'égard du sexe féminin recherche sur la publicité, vient de publier son premier rapport. (...)

 

Sur 285 messages publicitaires à la télévision étudiés par le comité du Y, environ 25 % ont été considérés comme sexistes alors que dans les revues, sur 766 messages publicitaires, 15 % peuvent être classés comme discriminatoires envers les femmes. Le comité mentionne que l'ensemble de la publicité, dans les revues féminines, est plus sexiste que celle publiée dans les autres revues. (...)

 

Le comité partage la publicité sexiste en deux grandes catégories : La première est celle où la publicité exploite l'image de la femme-objet (objet de séduction, objet de décor ou encore l'image de la femme douce, blonde, savoureuse, capiteuse en appliquant ces qualificatifs à de la bière, par exemple), et la deuxième, celle de stéréotypes, c'est-à-dire des stéréotypes rattachés aux rôles sociaux traditionnels, aux traits de caractère, à des clichés péjoratifs. (...)

 

"Notre étude-projet démontre que les messages "libérés" peuvent être efficaces. Lorsqu'ils sont conçus avec intelligence et avec goût, ils tendent généralement à être supérieurs aux messages traditionnels."



 

Le Devoir, 6 août 1979.

 

Le ministre des communications, M. David MacDonald ajoutant : "Ce qu'il nous faut présentement, ce sont des normes efficaces permettant d'exercer des pressions auprès des radiodiffuseurs et des annonceurs en vue de les inciter à modifier l'image de la femme qu'ils présentent dans les médias."



 

Le sexisme, c'est quoi ? Le Devoir, 26 novembre 1979. Par Renée Rowan.

 

Le mot "sexisme" n'est apparu au dictionnaire qu'en 1977. (...)

 

Dans l'ensemble, on sait ce que le mot "discrimination" veut dire, par contre très peu de gens connaissent la véritable définition du mot "sexisme".

 

Une étude préliminaire à l'agence auprès de 225 personnes dans trois centres commerciaux de L'île de Montréal indique en effet qu'à peine 13 % parviennent à identifier ce qu'est une expression sexiste. (...)

 

Le stéréotype sexiste est celui qui devient discriminatoire d'un sexe à l'autre et accentue l'inégalité des sexes. C'est à la discrimination sexuelle que l'on veut s'attaquer et non à l'identité sexuelle. (...)

 

A partir de l'expérience en regard du milieu québécois, on a défini trois principaux groupes : Les "traditionnels" ou "irréductibles" ayant des attitudes sexistes profondément ancrées, les "disponibles" au changement ou les sexistes par habitude parce qu'on n'a jamais attiré leur attention sur cette question et enfin, les "sensibilisés" et les "innovateurs", c'est-à-dire des personnes qui ont adopté ou essaient d'adopter des comportements en accord avec leurs convictions. (...)

 

"C'est aussi dire que, dans leurs réponses, divergentes, les répondants retransmettent les modèles d'identification dominants et proposent un apprentissage qui reproduit les images stéréotypées perpétuant un rapport dominant-dominé par rapport à l'autre sexe." (...)

 

"Le silence et l'apathie des consommatrices peut être interprétés par les fabricants et les concepteurs publicitaires comme une approbation. (...)

 


 

 

Le sexisme en question. Le Devoir, le 16 juin 1980. Par Micheline Carrier.

 

Sept ans de dénonciation pacifique, modérée, polie, sept ans de persuasion n'ont pas empêché l'escalade du sexisme dans la publicité qui, selon le goût du jour, exploite plus librement la femme comme symbole sexuel. Cette publicité les déshabille de la tête aux pieds pour vendre une crème ou une serviette, de la tête à la ceinture pour vendre une paire de bas ou de la ceinture aux talons pour vendre quelque autre produit. Est-ce que tout le fruit tangible de tant d'années d'efforts pour obtenir un peu de respect ? Si des hommes ne voient aucun signe de sexisme dans ces exemples, qu'ils le disent franchement s'ils aimeraient qu'on les déshabille ainsi pour vendre des chaussettes ou une lotion après rasage.

 



 

Le salon de la publicité est l'hôte d'un débat sur le sexisme en publicité. Le Devoir, 26 avril 1980.

 

Le débat commença avec un exoposé particulièrement violent de Claire Bonanfant sur l'abus fait aux femmes par la pubilicité. (...)

Dénonçant le conditionnement que les femmes subissent dans le renforcement des valeurs sexistes et discriminatoires véhiculées au travers des stéréotypes de la publicité, Claire Bonanfant déclara que la société est sexiste et qu'il en est ainsi de la publicité. Reconnaissant cependant que la publicité est un des plus puissants agents de socialisation, elle expliqua qu'il était nécessaire de sensibiliser le public et les publicitaires au phénomène. Déplorant le fait que la publicité reflète rarement l'évolution sociale, la présidente du Conseil du Statut de la Femme fit le portrait robot de la femme dans la publicité : une femme-objet, servante, artificielle, superficielle, plastiquement parfaite, préoccupée par le ménage ou alors par son apparence physique, obsédée par son âge, jalouse et envieuse des autres femmes. Selon des statistiques récentes, 88 % des images en publicité montrent des femmes peu douées qui ont constamment recours aux conseils de leur mari ou partenaire. Selon Claire Bonanfant, l'utilisation fréquente d'une voix masculine en superposition sur l'image tandis que la femme vaque à ses occupations domestiques, véhicule la dépendance et la soumission de la femme à l'autorité masculine. Dans 85 % des annonces à la télévision, les femmes ont toutes moins de 35 ans et sont utilisées comme des objets de séduction, sans autres fonctions que celles d'accessoires ou de subalterne, déclare-t-elle.

Les publicitaires invités voulurent à leur tour apporter certaines précisions et justifications. Selon Marthe Bouchard-Hatch la mauvaise publicité sexiste existe mais elle n'est pas aussi omniprésente que le laisse entendre la présidente du Conseil du Statut de la Femme. (...)

 

"Nous devons avant tout tenir compte du point de vue de toutes les femmes, aussi bien celles au foyer que celles sur le marché du travail ..." (...)

 

"La publicité reflète la société dans laquelle on vit, quand toutes les femmes seront debout, la publicité emboîtera le pas et montrera des femmes debout." (...)

 

Catherine Lord, prit alors la parole pour dénoncer l'absence de sujets masculins dans les annonces de récurage. Selon elle, la publicité limite le rôle des femmes dans la société et refuse d'admettre le principe du partage des tâches. (...)

 

Un intervenant masculin rappela alors aux panelistes que le sexisme n'était pas juste réservé aux femmes mais qu'on le retrouvait dans l'annonce de l'agent Glad tout comme dans l'annonce conçue par le C.S.F. qui met en scène quatre femmes qui montent ensemble une boutique. Selon l'intervenant, l'annonce ne montrait pas l'égalité des femmes mais leur propre sexisme à l'endroit des hommes. (...) "La misogynie est un système tellement fort qu'on a même réussi à le vendre aux femmes."

 


 

 

La publicité sexiste. Gazette des femmes, Vol.2, n°8, mars 1981. Par Michèle Pérusse.

 

Après un an d'opérations, le Comité pour la publicité non sexiste avait reçu du public quelques 300 plaintes dénonçant un gamme très variée de messages publicitaires et les avaient acheminées en bonne et due forme aux annonceurs visés. Si nombre de ces marchands d'illusions sexistes ont fait la sourde oreille à ces pressions, 30 % d'entre eux y ont tout de même répondu positivement. (...)

 

Jusqu'à présent, seulement 20 % des plaintes déposées l'ont été par des groupes ou des associations structurés. (...)

 


 

Le prix de la publicité la plus sexiste : Sanyo. Le Devoir, 16 juin 1983. Par Renée Rowan.

 

Le prix annuel Déméritas 1983 décerné par le Conseil du Statut de la Femme à la publicité la plus sexiste vient d'être attribué à une publicité télévisée pour les magnétoscopes de marque Sanyo. Une annonce télévisée pour la gomme à mâcher Trident a reçu le prix Eméritas qui met en valeur un message publicitaire non-sexiste. (...)

 

Plus de 900 femmes ont dénoncé la publicité télévisée de Sanyo.

 

Le message de la gomme Trident a été réalisé par l'agence de publicité Bates de Toronto. Il met en action une femme montrant à sa fillette comment tenir la barre d'un voilier. Le jury a jugé particulièrement intéressant ce message publicitaire pour deux raisons : d'une part, la scène met en valeur la participation active des femmes dans les sports ; d'autre part, elle transmet des valeurs non sexistes aux jeunes enfants. (...)

 

Outre les prix Déméritas et Eméritas, le jury y a décerné trois mentions positives et trois mentions négatives. Ces dernières vont à Premier Choix, Diet Pepsi et Les Amoureux. (...)

 


 

La pub en France, c'est vachement sexy ! Châtelaine, avril 1987. Par Vera Murray.

 

Mariella Righini, journaliste au Nouvel Observateur et auteur d'Ecoute ma différence (150 pages de discours féministe sur la féminité, un mélange singulièrement français), me dit en entrevue : "Si l'image est agréable et si elle valorise la femme-habillée ou déshabillée sur le planesthétique, pourquoi pas ? A mon avis, la revendication de la féminité qui se fait jour depuis quelque temps dans la publicité constitue une étape au-delà du féminisme égalitariste : maintenant qu'on a obtenu l'égalité des droits, on peut se pencher sur la revendication de la différence ... Dans la publicité, les femmes sont maintenant des séductrices. Passives autrefois, elles ont aujourd'hui le premier rôle ; elles mènent leur vie et cela se voit. Ce sont des femmes décideuses de leur destin. Très féminines, mais en même temps qui savent ce qu'elles veulent." (...)

 

Jusque dans les années 1975-1980 - la publicité étant toujours en retard sur l'évolution de la société - , les rôles sexuels de la femme étaient uniquement ceux de la femme séduite, passive, soumise. De plus en plus, cependant, elle est la séductrice, celle qui prend les initiatives. Quand il s'agit de chaire nue, qui n'est pas une chaire "sadisée", une chaire de femme objet, mais au contraire une chaire qui représente la prise en charge par les femmes de leur propre corps, comme objet de plaisir, comme entité autonome, alors là, la publicité va dans le sens de l'histoire. (...)

 

L'auteur Michèle Sarde souligne que les "français ont toujours hissé leurs femmes sur des piedestals, qu'ils ont toujours été très fiers de leur féminité, et que les femmes le leur rendaient en restant très attachées à eux." "Ce culte français de la féminité, écrit plus loin Michèle Sarde, est inscrit au coeur de la problématique qui enferma le féminisme français dans un cercle vicieux et l'empêcha tout un temps de progresser."

 


 

 

Birks reçoit le Déméritas 1985 pour la publicité jugée la plus sexiste. Le Devoir, 20 juin 1985. Par Renée Rowan.

 

La maison Birks s'est vue décerner le prix Déméritas 1985 par le Conseil du Statut de la Femme pour la publicité la plus sexiste de l'année, par son annonce imprimée intitulée "Pour toutes les soirées que j'ai passées au bureau et qu'elle a passées à m'attendre."

 

En revanche, trois annonces publicitaires télévisées - Valérie, Richard et fille et Passe-moi l'beurre, ont remporté ex-aequo le prix Eméritas 1985 remis chaque année au message qui brise le mieux les stéréotypes sexistes.

 

Au total, 200 publicités sexistes et 60 messages non sexistes ont été portés à l'attention d'un jury. (...)

 

Cette mention spéciale, indique Mme McKenzie, vise à souligner le fait que de nombreuses publicités sexistes diffusées au Québec sont crées à l'extérieur. Le C.S.F. transmettra l'avis du comité pour la publicité non sexiste relatif à cette annonce à Mme Yvette Roudy, ministre française des droits de la femme. (...)

 

En remettant les prix aux gagnants, hier, la présidente du Conseil a noté une nette amélioration des traitements publicitaires depuis 1981 : Le Concours Déméritas-Eméritas n'est pas étranger à ce changement de mentalité, a-t-elle affirmé, ajoutant que le Conseil a l'intention de relâcher sa vigilance.

 


 

 

Le prix Eméritas à une pub d'Unitotal. Le Devoir, 13 juin 1987. Par Renée Rowan.

 

Une publicité télévisée présentant une femme effectuant des travaux de plomberie - tâche habituellement réservée aux hommes - qui, une fois son travail terminé, avise son conjoint qu'il peut maintenant faire le lavage, a mérité aux quicailleries Unitotal le prix Eméritas 1987 décerné par le C.S.F. Une première mention Eméritas couronne un message télévisé pour le nettoyant domestique M. Net. Une deuxième mention Eméritas est accordée à une publicité signée Jeunes Entreprises du Québec publiée, entre autres, dans "Les Affaires et Finances". Une troisième mention Eméritas va au Groupement des Assureurs Automobile. Enfin, une quatrième mention Eméritas est décernée à Gaz Métropolitain.

 

Pour le prix Déméritas 1987 attribué à la publicité la plus sexiste, le jury a retenu la publicité de l'entreprise C.D. MOTO, de Québec, parue dans un quotidien de Québec. (...)

Une première mention Déméritas est décernée à Buffalo Jeans pour une annonce télévisée. Une seconde mention Déméritas est attribuée à Sears. L'annonce imprimée dans Le Soleil et dans La Presse.

 


 

 

 

Alerte aux stéréotypes sexistes. La Presse, 12 janvier 1988. Par Richard Dupaul.

 

La revue Clin d'Oeil, septembre 1987, page 105, une jeune femme légèrement dévêtue est rivée au sol sous le poids d'un homme. Celui-ci la retient au moyen d'une corde, semblable à celle utilisée par les cow-boys dans les rodéos. (...)

 

Cette publicité, comme c'est le cas pour une trentaine d'autres, a été l'objet d'une plainte logée au Conseil des Normes de la Publicité. La raison : elle véhicule des stéréotypes sexistes. (...)

 

Quarante-cinq plaintes, c'est environ quatre fois plus que ce qu'on recensait en moyenne au cours des années précédentes. (...)

 

 


 

 

Stéréotypes sexistes. La Presse,18 janvier 1989. Par Richard Dupaul.



En 1987, le nombre de plaintes sur les stéréotypes sexistes dans la publicité au Québec logées au Conseil des Normes de la Publicité marque une baisse importante. Niquette Delage, présidente du C.N.P., rapporte que 19 plaintes de cette nature ont été portées à son attention l'an dernier, dont 16 ont été retenues et jugées fondées par le Comité de Surveillance. Ceci représente une nette amélioration par rapport aux 45 plaintes déportées entre mars et décembre 1987, et dont plus de la moitié (28) avaient été retenues. (...)



...



Les coupables



Les coupables en 1988 ? Comme par le passé, la plupart sont des entreprises de petite taille qui, comme on le dit tout bas au C.N.P., "ont conçu leur publicité sur le coin de la table ...". Il semble aussi que ce soient toujours les mêmes qui reviennent, comme certains fabricants de jeans (Sisley Jeans et Super Jeans, de Montréal, entre autres) et quelques indomptables ateliers de réparation d'automobiles.



A l'occasion, des grandes entreprises se font aussi taper sur les doigts par le C.N.P. C'est le cas, entre autres, du distilleur Cinzano dont la publicité imprimée, intitulée "Les Règles du Club", a soulevé l'ire de certains consommateurs en présentant une image floue, en apparence anodine, mais qui ... si on prenait la peine de relier avec un crayon les points numérotés ... devenait une silhouette de femme nue.






 

 

Exploitation ou marketing de génie ? Les "numéros spéciaux" engendrent des profits considérables ... et des  critiques. La Presse, 8 mars 1987. Par Michel Marois.

 

Les magazines Sports Illustrated, Sport et Inside Sports sont "l'expression cauchemardesque du machisme dominant dans la société". (...) 



Les "femmes objets", les mannequins qui posent presque nues pour ces reportages photographiques ? Pauline Poriskova, qui a fait la une de Sports Illustrated en 1984 et 1985, porte un jugement intéressant.



"C'est vrai que ce travail ne réclame pas une formation ou une intelligence exceptionnelle, dit-elle. Et nous sommes surpayées (son revenu annuel est estimé à plus de $6 millions). Je ne peux pas me plaindre. Mais ce que nous (les mannequins) faisons contribue à créer un complexe chez toutes les femmes." (...)



Jacobs (Inside Sports) s'insurge contre l'accusation de pornographie. "J'ai des enfants et je les laisse regarder notre numéro spécial", déclare-t-il.



"Nous avons du succès auprès de nos lecteurs (88 % sont des hommes) parce que nous leur proposons des filles et du soleil en plein hiver."



De tels propos justifieraient sans doute les insultes de n'importe qui, mais Jacobs pousse plus loin. "Si nous proposions des reportages avec des filles nues, nous aurions encore plus de succès ! Mais nous ne sommes pas Playboy."



Ces concurrents de la revue Sports ce sont eux aussi engagés dans la mode des numéros spéciaux sexistes, mais ce ne fut pas sans quelques hésitations. L'an dernier, Sports a annulé son reportage sur les maillots de bain pour le remplacer par un éditorial vitriolique contre "l'exploitation du mythe de la All American Girl". Plusieurs lecteurs ont annulé leur abonnement à la suite de ce coup d'éclat et cette année, le mythe a retrouvé sa tribune ...



En produisant une image plastique de la femme, le sport fait de celle-ci un objet de consommation. (...)



Pour moi, il n'y a aucun doute, les spéciaux-maillots-de-bain et tous les types de représentations plastiques de la femme dans les médias contribuent directement à l'augmentation du taux de violence sexuelle.

 


 

 


 

 

 

La campagne de pub des Cours Mont-Royal est jugée la plus sexiste. Le Devoir, 16 juin 1989.

 

 

Le C.S.F. a décerné hier son prix Déméritas, attribué à un message publicitaire jugé sexiste, à la campagne de promotion du centre commercial Les Cours Mont-Royal, à Montréal.

 

Cette série d'annonces paraissant dans les journaux a été conçue par l'agence de publicité BOS et s'intitule "Venez y perdre la tête". Le jury estime que ces messages véhiculent plusieurs stéréotypes sexistes, en présentant les femmes comme des personnes irresponsables et irréfléchies en matière de consommation.

 

Quant au prix Eméritas, remis à la publicité qui brise le mieux les stéréotypes sexistes, il a été décerné au "spot" télévisé sur le savon Sunlight, conçu par l'agence MacLaren-Lintas. Ce message présente une mère incitant son garçon à laver lui-même sa chemise.

 

Une mention Eméritas a aussi été décernée à la compagnie de magasins Au Coton, intitulée "Pas la peine de souffrir pour être belle". (...) Et deux autres mentions Eméritas sont allées à une publicité écrite de la firme d'ingénierie SNC, qui présente une femme dans le métier d'ingénieur, et à la publicité télévisée du shampooing Pret, que des jeunes filles utilisent après un match de baseball, car il est efficace et "sans cérémonie". (...)

 

  Deux mentions Déméritas ont également été remises. Une première a été offerte à la publicité télévisée des pneus T-A Goodrich intitulée «Quel beau look», où l'on associe le «look» de la femme à celui du pneu. Laflèche (un commerçant de de la Rive-Sud de Montréal l'a distribuée dans les foyers du secteur). On y présente le corps d'une femme en bikini avec phrase: «Parce qu'en carrosserie, vous méritez ce qu'il y a de mieux».

 

 


 

 

Alerte aux stéréotypes sexistes. La Presse, 10 janvier 1990. Par Richard Dupaul.

 

Les brasseurs forment un autre groupe d'annonceurs pointé du doigt. Deux plaintes ont été retenues contre la Brasserie Labatt pour sa publicité de la marque Budweiser (le type déroulant une serviette de plage où apparaissent trois femmes en maillot ...). Dans ce cas, le C.N.P. n'a pas eu à intervenir car la publicité avait déjà été retirée par le brasseur. Labatt a été visée à une autre reprise, cette fois pour une publicité controversée de la marque Labatt 50 : dans cette annonce télévisée, on voit une femme en maillot versant des cubes de glace dans le maillot de bain d'un homme. Certains ont été offusqués par le caractère sexuel de l'annonce, mais le C.N.P. a préféré la juger pour son côté "humoristique". La plainte n'a pas été retenue.

 

 


 

 

Sexisme sushi. La Gazette des femmes, mai-juin 2001. Par Françoise Guenette.

 

(...) la langue japonaise se féminise. Jusqu'ici marqué par les différences sensibles entre le masculin et le féminin (pronoms personnels, terminaisons) le japonais voit ces distinctions s'amenuiser puisque de plus en plus d`hommes, dans les médias entre autres, abandonnent leur ton péremptoire et adoptent les tournures neutre ou féminines. Et plus de 50 % des japonais - 70 % des jeunes, sont d'accord.

Explication du phénomène, selon la linguiste Mizue Sasaki : «le langage et l'exercice de l'autorité sont étroitement liés. Avec l'égalité des sexes mieux reconnue juridiquement et socialement (et l'augmentation du chômage ?) l'autorité des hommes s'affaiblie.» Les femmes elles, délaissent le traditionnel langage de modestie pour adopter un style un peu plus ... masculin.


 


 

 

Trève de cynisme. La Presse, 8 mars 2002. Par Geneviève Saint-Germain, animatrice à CKAC et à Canal Vie.

 

Il y a encore des femmes qui disent qu'elles ne sont pas féministes, mais ...

(...) A vrai dire, reconnaître que l'on est une victime réelle ou potentielle est franchement désagréable, mais c'est le premier pas pour reprendre le pouvoir sur sa popre vie, changer le rapport de force sans en recréer un autre aussi stérile. En outre, la méconnaissance du féminisme, de son histoire, de ses revendications actuelles est assez stupéfiante. Pas étonnant qu'on remarque cette absence d'intérêt généralisée tous sexes confondus pour la cause des femmes. Ne serait-ce que pour cela, il n'est certes pas exagéré qu'au moins une journée par année, on mette les projecteurs sur le femmes, leurs formidables réalisations, leurs rêves brisés, le chemin qu'il reste à parcourir. Quitte à aller marcher en talons hauts.

 



 

 

Chirurgie esthétique, du rêve au cauchemar. Réseau québécois d'action pour la santé des femmes, 2003.

 

Selon les données américaines, de 1997 à 2001 les chirurgies esthétiques ont connu une augmentation de 304 %.

1- liposuccion (385 000, une augmentation de 118 % depuis 1997),

2- blépharoplastie (chirurgie des paupières, 246 000),

3- augmentation mammaire (217 000, une augmentation de 114 % depuis 1997),

4- remodelage du nez (117 000),

5- lifting du visage (117 000). 

 


 

 

Le Devoir, 18 mai 2003. Par Geneviève Otis-Dionne.

 

Le Conseil du statut de la femme organise une agora publique les 23 et 24 mai pochains sous les thèmes : Le passé en photo, le présent sur la vidéo et le futur sur le Net.

1- Une exposition de 31 photos tirées du livre Oeuvres de femmes de l'historienne Lucie Desrochers publié aux Editions du Québec. Elle couvre la période de 1860 à  1961.

2- Une vidéo : Trente ans d'action, ça porte fruit réalisée par Vidéo Femmes.

3- Une séance de clavardage Les enjeux de l'avenir en compagnie de l'anmatrice Aline Desjardins et de la journaliste Lucie Pagé, à laquelle sont conviées toutes les intéressées.

4- Trois débats animés par Françoise Guénette rejoindront le public qui participera virtuellement.

 



 

Le féminisme va trop loin ! Chatelaine, septembre 2003.

 

Dans son plus récent ouvrage, Fausse route (Odile Jacob) Elizabeth Badinter, essayiste, philosophe et écrivaine, exprime « son inquiétude face aux dérives actuelles du féminisme. Dérives, quand, par exemple, on idéalise la maternité et prône le retour des mères au berceau. Ou quand on élargit le concept du harcèlement sexuel au point de le confondre avec le flirt. Car en renvoyant toutes les femmes au statut de victimes et tous les hommes à celui d'exploiteurs et de prédateurs, le féminisme occidental risque de creuser encore plus le fossé entre les sexes. »


 


 

 

Hypersexualisation des filles. La gazette des femmes, septembre - octobre 2005. Par Monique Durand.

 

Sur toutes le tribunes il en est question. L'image hypersexualisée des filles. La précocité des ados. Des histoires de fellation dans le fond des autobus scolaires. Est-ce bien à cela qu'ont abouti 30 années de luttes féministes pour remiser la femme-objet ?

Un petit livre signé Pierrette Bouchard, Natasha Bouchard et Isabelle Boily : La sexualisation précoce des filles chez Sisyphe :

« (...) la culture pornographique qu'on inculque en bas âge par le biais de la mode et de la culture pop, une culture douce au quotidien dans laquelle, même l'enfance est érotisée. Je constate aussi que les mères sont souvent complices de cette manière d'être très sexualisée. »

P. Bouchard a mené une étude des magazines pour filles : « (...) ces magazines carburent aux stéréotypes de la féminité. On apprend aux filles à se définir dans le regard de l'autre, c'est-à-dire du garçon. Les garçons se sont eux qui valident. »

Francine Pelletier, documentariste pour CBC et Canal Vie : « (...) la sexualité n'est toujours pas une célébration. Trente ans de féminisme ne semblent n'y avoir rien fait. Elles font l'amour comme façon de compenser pour la piètre image qu'elles ont d'elles-mêmes ! Dans la chambre à coucher, les femmes sont encore là pour faire plaisir, c'est pas grave si elles ne jouissent pas. »

Dre Baltzer : pédiatre à l'Hôpital de Montréal pour enfants : « (...) un des grands problèmes de notre temps, c'est que les limites entre les générations ne sont pas claires. Qu'est-ce qu'un enfant ? Qu'est-ce qu'un adulte ? Le jeune n'est plus rien pour le distinguer de ses parents. »

Josée Brissette, de la Meute Mediaction : « (...) j'ai l'impression que tout est à recommencer. Faut refaire les mêmes batailles qu'il y a trente ans. Le corps des femmes et des femmes plus jeunes, continuent de faire vendre de la bière et des autos. On est toujours dans le domaine de la femme-objet. »

Julie Chateauvert, étudiante, militante féministe : « (..) les jeunes filles en particulier sont ciblées de plus en plus jeunes comme consommatrices. Les 8-12 ans constituent le groupe de consommateurs le plus vorace aux USA. 92 % des fillettes sont démesurément proccupées par leur look et 70 % d'entres elles ont déjà pris des anabolisants pour atteindre plus vite le corps rêvé. (...) »

 



 

 

La mode hypersexualisée. Par Mariette Julien, Sisyphe, Montréal, 2010, 120 pages.

(...) « depuis les années 1990, l'allure ou le look « prostituée » connaît un succès international. La mode représente un excellent indicateur des valeurs qui prévalent dans les sociétés. La mode hypersexualisée serait à l'image de notre société hyperconsommatrice, (même les corps seraient à consommer). (...) On a parlé pour désigner cette mode tapageuse, de « Girl Power » afin de souligner l'audace féminine qu'elle met en avant. »

 

 


 

 

La Charte mondiale des femmes pour l'humanité. Le Devoir. Par Louis Cornellier.

 

Concoctée par quelque 6000 groupes de femmes répartis dans 163 pays, la Charte a entrepris hier un long voyage à Sao Paulo au Brésil qui la mènera dans 53 pays d'ici le 17 octobre 2005. Les Québécoises devraient la recevoir le 7 mai prochain de leurs consoeurs canadiennes pour ensuite l'acheminer vers la Turquie.

Michelle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec : (...) « Nous avons pris nos revendications de la Marche des femmes de 2000 et nous les avons transfomées en vision du monde. » Cette vision s'inspire des grandes valeurs de la Charte, soient l'égalité, la liberté, la solidarité, la justice et la paix.

 

 


 

 

Le Devoir, le 9 mars 2005. Par Clairandrée Cauchy.

 

Le Bulletin de liaison de la Marche mondiale des femmes a initié une grande marche à Montréal pour appuyer la Charte mondiale des femmes. A suivi, la publication le 17 octobre du Bulletin de la marche qui dans un numéro spécial, annonce les actions prévues en ligne avec les valeurs de la Charte citées plus haut (18 pages).

Le 2 avil 2006, Le Devoir titrait à la une l'anniversaire du droit de vote des québécoises :

« Le 26 avril 1940. Depuis hier soir, le suffrage féminin est devenu loi dans la province de Québec. Le Conseil législatif adopte le bill Godbout par un vote de 13 contre 5. »

Suit la publication des commentaires soulevés lors de cette session parlementaire.

Madame Thérèse Casgrain a enfin gagné la lutte qu'elle menait depuis une vingtaine d'années. Elle a été la première femme à être élue à la tête d'un parti politique au Canada et sénatrice.

 

 

 


 

 

Les femmes sont l'avenir de l'homme. 

 

Michelle Perrot, pionnière de l'histoire des femmes et du genre, et Alain Touraine, sociologue, ont donné une entrevue publiée dans le Nouvel Observateur en avril 2006, suite à deux livres écrits sur l'évolution des rapports homme - femme face à « la régression planétaire de la situation des femmes. »

Mon histoire des femmes, Michelle Perrot, Le Seuil, Paris, 2006

Le monde des femmes, Alain Touraine, Fayard, Pari, 2006

 



 

Concours de fellation. Le Journal du Nord, février 2011.

 

A Ste Adèle, un bar fait sa promotion en distribuant des vibromasseurs, des pénis en plastique distribués à des jeunes qui simulent des fellations face au public. Pratique dénoncée par les parents de la ville dans un hebdo local. Nicole Desjardins, sexologue-psychothérapeute commente : "(...) Ce genre d'activités illsutre à merveille le phénomène d'hypersexualité chez les jeunes. Il faut comprendre que ces jeunes ont des corps d'adultes, mais ce qui est d'avoir un jugement éclairé, la maturité n'est pas atteinte avant 21 à 23 ans. Plus les expériences sont vécues tôt, plus elles s'enracinent dans le cerveau. Les jeunes ne sont pas nécessairement prêts à voir ça. (...) On est dans la commercialisation du plaisir sexuel." C'est d'autant plus vrai que c'est un commerce qui fait la promotion de ce type d'activité.

 

 


 

 

La mode en série. Le Devoir, 13 février 2011. Par Stephan Baillargeon.

 

Adieu les strings et l'hypersexualisation : la mode retourne aux grands classiques de la séduction. Du glamour, avec ses femmes fatales en robes griffées, ses hommes en complets sombres bien ajustés, comme dans la série Mad Men quoi. D'ailleurs, ceci explique-t-il cela ? Et quel est le lien avec la montée de la droite ? Mariette Julien, sociologue des courants vestimentaires commente suite à la Semaine de la mode à Montréal : "(...) Les modes les plus populaires ces dernières décennies sont associées à la rébellion. (...) Il y a une montée de la droite (en Amérique), un retour aux valeurs traditionnelles. (...) On vit une crise économique et en même temps on observe une montée en force du luxe." 

 

 


 

 

L'ère de l'enfant-femme

 

 

200 pédiatres ont signé une pétition dénonçant l'érotisation et l'hypersexualisation des enfants dans la publicité. Dès lors qu'on valorise le sexy à outrance, il n'est pas étonnant que les petites filles veuillent se conformer au modèle dominant. "(...) Ce qui est triste derrière tout ça, c'est de voir certaines gamines jouer sur les codes qu'elles ne comprennent pas pour faire plaisir à leur maman. Pourront-elles un jour se positionner autrement qu'en objet sexuel ?" Serge HEFEZ, pédopsychiatre à Montpellier.

 

 


 

 

La puberté plus précoce. Le Nouvel Observateur, avril 2011

 

Aux Etats-Unis, plus d'une petite fille blanche sur dix montre des signes de puberté à 7 ans, soit deux fois plus qu'il y a dix ans. La raison : on mange mieux, surtout on mange plus ! (...) Or, plus une petite fille est en surpoids, plus elle risque une puberté précoce, car le tissu adipeux synthétise les oestrogènes déclencheurs de puberté. Autres accusés : l'environnement, les pesticides, phtalates présents dans les plastiques. Aussi le temps passé devant la télévision. Charles Sultan du CHU de Montpellier

 

 


 

 

Le Nouvel Observateur, mai 2011

 

Les filles d'OLF (Osez le féminisme) veulent libérer le plaisir et ne pas tout attendre du phallus. Le 6 juin 2011, le clitoris sera la star d'une campagne d'affichage et de pochoirs sur les murs d'une quinzaine de villes : "Osez le clito" un site Internet sur le sujet. Caroline De Haas, directrice du mouvement.

 

 


 

 

La France des machos. Le Nouvel Observateur, 2 juin 2011. Par Laurent Joffrin.

 

Et si l'affaire DSK marquait un tournant dans la société française en nous obligeant à réfléchir à la trouble équation que les hommes établissent trop souvent entre le pouvoir et le sexe ? Un excellent document sur le sexisme, les stéréotypes, le machisme suite à des entrevues sur le sujet des hommes de pouvoir français. (...) L'amour à la française a le droit de vivere, personne n'en doute. Ce qui soit disparaître, avec l'affaire DSK notamment, c'est l'atteinte à la dignité des individus et l'idée que les femmes, même sous des formes édulcorées, doivent encore et toujours accepter, malgré des décennies de lutte, la soumission.

 

 


 

 

 

La fin du silence devant le machisme ordinaire. Le Devoir, 24 juillet 2011. Par Yolande Cohen.

 

Ce que révèle l'affaire DSK.

(...) L'affaire DSK aura eu le mérité d'accélérer la prise de conscience salutaire en France. Ce droit de cuissage que se réservait certains hommes (de pouvoir) sur des femmes (nécessairement subalternes) qui, il y a dix ans seulement, paraissait l'apanage sacré du pouvoir, est aujourd'hui l'objet de dénonciations publiques (presque) unanimes.

 

 


 

 

Le prix Nobel de la paix récompense deux Libériennes et une Yéménite. Le Devoir, 9 octobre 2011.

 

La première femme élue à la tête d'un pays africain, la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, sa compatriote, la guerrière de la paix, Leymah Gbowee et à une figure emblématique du printemps arabe au Yemen, Tawakkol Karman.

(...) "Plus personne ne pourra plus minimiser notre rôle désormais. Le monde a reconnu le rôle, l'intelligence et la contribution des femmes." Leymah Gbowee.

 

(...) Le comité a couronné deux femmes qui ont contribué à extirper le Liberia de 14 ans de guerres civiles et une troisième qui incarne l'engagement non violent en faveur du changement au Yemen, un des pays les plus conservateurs au monde.

 


 

 

Une féministe au secours des hommes. Le Nouvel Observateur, 13 octobre 2011. Par François Caviglioli.

 

Clémentine Autain a publié un livre suite à son viol. (...) Elle veut libérer les femmes mais aussi les hommes. Combattre le viol, c'est pour elle, guérir l'homme de la tentation du viol qui n'est pas un désir physique mais un besoin de domination. Elle se bat aussi pour l'autre moitié du genre humain, les hommes prisonniers de leurs traditions patriarcales, castrés par le rôle de seigneur et maître qu'ils transmettent et s'imposent de père en fils depuis des millénaires. Le viol qui aurait pu la détruire lui a inspiré une mission d'initiatrice à une sexualité universelle.

 

Un beau jour ... combattre le viol, Clémentine Autain, Paris, Indigene Editions, 2011

 


 

Les stéréotypes persistent depuis un siècle dans la publicité québécoise Le Devoir, 1er mai 2011. Par Stéphane Baillargeon.

 

L'Association coopérative d'économie familiale de la Rive-Sud a organisé un concours "Prix du coeur de la publicité 2011 pour sensibiliser les jeunes à une consommation responsable et ultimement introduire d'avantage d'éthique dans la publicité".

Sébastien Couvrette, chercheur à l'Université Laval a analysé des milliers de publicités diffusées au Québec depuis environ un siècle. (...) "La publicité, c'est une espèce de miroir déformant : elle pige dans le réel et manipule des éléments pour convaincre de choisir un produit plutôt qu'un autre. Il y a donc des changements dans le temps. Mais il y a des fondements qui demeurent toujours les mêmes. C'est-à-dire que les hommes sont forts, virils et actifs dans les pubs, tandis que les femmes sont essentiellement représentées pour leur beauté et représentées de manière très passive. Les femmes sont vraiment des objets de consommation et cette position apparaît dès les années 1940-50 dans les publicités automobiles, par exemple."

(...) l'avenir de tout cela ? "Représenter une société telle qu'elle me semble toujours utopique de la part du monde publicitaire à la traîne. La logique de la publicité est souvent un peu bête, sans imagination, et il faudra probablement encore du temps pour chasser le sexisme" ?

 

 


 

Québécor encore en 1950 ? Le journal Accès, St-Sauveur ,13 avril 2011. 

 

Aye toi, mononc', savais-tu que la section Art de vivre (ça ne s'invente pas !) de Canoë (Groupe Québécor) présente des galeries de "Filles de la semaine" ?

Oui, oui, comme dans le Journal de Mourial (sic) il y a 40 ans, avec les anciennes pin-up du "Rayon de soleil matinal".

Le tout accompagné de pubs de margarine et de sensibilisation sur les agressions sexuelles.

Ne vit-on pas une époque formidable ? ...

 

 


 

Les femmes se rebiffent. Le Nouvel Observateur, 16 juin 2011. 

 

En mini-jupe, soutien-gorge et talons vertigineux, elles sont des milliers de "salopes" à avoir arpenté les rues de Londres ce week-end pour affirmer leur droit à s'habiller comme elles l'entendent et protester contre les agressions sexuelles. L'homme qui a mis le feu aux poudres est Michael Sanguinetti, policier canadien.En janvier, il avait conseillé aux femmes d'éviter de s'habiller comme des traînées si elles ne voulaient pas se faire agresser.

Trono avait précédé Londres avec dès avril une slut walk.

 


 

Une marche des "salopes" à New Delhi. Le Devoir, 30 juillet 2011. Agence France Presse.

 

(...) Les femmes considérées comme modernes et indépendantes se plaignent d'être vues par les hommes comme des femmes "faciles".

(...) C'est typiquement la mentalité indienne. Les hommes ont l'habitude de voir les femmes à la maison, alors de les voir travailler et vivre par elles-mêmes blessent leur égo. Poonam Mehra, journaliste dans une agence de presse nationale.

 

 


 

Petit bateau vogue au pays des machos Le Nouvel Observateur, octobre 2011. 

 

(...) La semaine dernière, beaucoup se sont insurgés contre une nouvelle gamme de bodies aux motifs jugés sexistes. Sur le modèle destiné aux filles, sont écrits en rose des adjectifs comme "jolie", "douce" ou "têtue", alors que pour les garçons figurent en bleu, des qualificatifs comme "courageux", "fort" et "vaillant".

Nous n'y voyons aucune intention de nuire ou de projeter une image fausse de la femme. Réplique de la marque qui a ajouté que le message a été transmis à la direction du style (...)

 

 


 

Denise Bombardier et le sexisme à la française. Le Devoir, 16 octobre 2011. Par Christian Rioux.

 

(...) Car il n'est guère difficile de montrer que la France est plus machiste que le Québec et moins que l'Italie ou l'Arabie Saoudite. Mais ces moeurs recouvrent-elles plus de viols et d'abus sexuels comme le livre* semble le laisser entendre ?

Une revue rapide de la littérature scientifique tend plutôt à démontrer que la prévalence des abus sexuels ne varie guère entre la France et le Québec. (12,8 % au Canada et 1,4 % en France) (...) Si la situation des Françaises est peut-être plus difficile dans les entreprises où la hiérarchie est aussi plus forte, les taux d'abus sexuels ne sont pas très différents.

* Ne vous taisez plus, Denise Bombardier et Françoise Laborde, Editions Fayard, paris, 2011

 

 


 

Sus au féminicide. Le Devoir, novembre 2011. 

 

La Paz - Le parlement bolivien examinera un projet de réforme du code Pénal visant à instaurer un crime de "féminicide" dans le pays andin où 136 femmes ont été assassinées cette année, les deux tiers de ces meurtres spécifiquement liés à leur condition de femme. (...) Selon le projet de loi, le crime de féminicide serait une circonstance aggravante qui serait passible de 30 ans de prison.

 

 


 Sur l'importance du féminisme. Journal des Pays-d'en-Haut, novembre 2012. Par Frédérique David.

 

(...) Il y a cette société qui banalise les comportements sexistes et dans laquelle baignent nos jeunes. Il suffit d'écouter les Claudia Mendez, les paroles de certains rappeurs américains, de voir les photos des adolescents sur Facebook, de regarder les émissions télévisées populaires et les videoclips pour s'apercevoir que la femme est de plus en plus perçue comme un bien de consommation parmi tant d'autres. Dans les milieux défavorisés, on assiste à une montée enn puissance des idées sexistes. dans les écoles, on observe une hypersexualisation des jeunes et une sexualité plus précoce.(...)

 


 

L'arme du viol. Le Devoir, 2013. Par Claude Levesque.

 

(...) Dans leur déclaration, les huit pays les plus riches du monde affirment clairement que le viol constitue un crime de guerre, un crime contre l'humanité et qu'il peut même constituer une arme pour commettre un génocide. (...) La déclaration propose également l'élaboration d'un protocole international obligeant les Etats à user de leur compétence universelle pour assurer que les auteurs de viols soient poursuivis.

 

 


 

 

A LIRE :

 

PAS D'HISTOIRES, LES FEMMES ! Réflexions d'une historienne indignée, Micheline Dumont, Montréal, Editions du Remue-ménage, 2013

 


 

Y'a-t-il place pour la différence ? Le Devoir, octobre 2013. Par Chantal Locat, durant les Etats généraux du féminisme.

 

(...) "Les stéréotypesauraient une valeur hiérarchisée : ce qu'on associe au masculin est généralement plus valorisé que le féminin. Les stéréotypes sont tellement porteurs d'inégalités et de préjugés. (...) Le milieu de l'éducation doit développer une expertise pour contrer les stéréotypes. C'est là qu'il faudrait intervenir, du préscolaire au secondaire. Il y a parfois une déconstruction à faire, mais il est toujours possible de changer les mentalités. Même à l'université. Les étudiants sont plus vieux mais ils ont une meilleure capacité de réflexion."

 

 


 

Où sont les femmes ? Le Devoir, mars 2014. Par Isabelle Boisclair, professeure à l'Université de Sherbrooke

 Journée de la femme

(...) Entre 1974 et 1979, on observe un séisme dans la production littéraire québécoise, avec la publication des grands titres féministes et la création des maisons d'édition féministes Pleine lune et Remue-ménage. (...) Et depuis ? Depuis rien.

(...) Reste alors la question de fond : pourquoi est-ce si important d'avoir des signatures de femmes dans les recensions littéraires ? Pourquoi faut-il souhaiter cette parité homme/femme ? "Parce que ce serait le signe qu'il n'y aurait plus de billet mental. On peut défendre l'idée que les femmes ont un point de vue différent sur le monde sans tomber dans l'essentialisme. Qui dit vision, dit point de vue. Qui dit point de vue dit position. Les hommes et les femmes n'occupent pas la même position et ne peuvent pas voir la même chose. Notre position est sexuée et d'ailleurs, les femmes sont sans cesse ramenées à leur sexe."

 

 


 

6 décembre, 14 femmes, 25 ans plus tard Le Devoir, 7 décembre 2014. ParJosée Boileau

 

"Vingt-cinq ans plus tard, nous n'oublions pas. C'est une obligation morale, une nécessité. Quatorze jeunes femmes assassinées en bloc, dans un lieu où par leur seule présence elles battaient en brèche mille ans d'histoire, sont devenues le symbole exceptionnel d'une réalité terriblement ordinaire : celle de la violence faite aux femmes et de la misogynie.

(...) une histoire si inimaginable qu'on ne savait trop comment la raconter - il a d'ailleurs fallu du temps pour que la lecture féministe des événements, pourtant flagrant, ait droit de cité.

(...) l'actualité nous rappelle si souvent que la place des femmes au travail, dans les lieux de pouvoir, sur la place publique n'est toujours pas un acquis, que la violence contre les femmes camouflée sous des dehors de séduction ou s'affichant carrém

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